Une belle histoire : Oxana Petrovna

Des bijoux sources de plaisirs et d’émotions.

Scientific Archives of the State Museum-Reserve "Peterhof" |

Il était une fois !

Qu’est-ce que je fais là sur cette route de campagne en Russie ? Tout a commencé, quand j’étais gamine, lors d’une chasse au trésor avec mes cousines. Au grenier, nous avions déniché une vieille malle en bois contenant plein d’objets anciens, des photos et des livres dans une écriture bizarre.

Plus tard, j’ai fait part de notre découverte à mes parents. D’après eux, c’était tout ce qui restait des affaires de ma grand-mère, que je n’ai pas connue. Des affaires que ses parents avaient dû emporter lors de leur départ précipité de Saint-Pétersbourg suite aux émeutes de 1905.

Des photos en noir & blanc, des livres anciens en écriture cyrillique, de magnifiques poupées russes Matriochka, un petit coffret en bois avec quelques bijoux. Il y avait même un petit sac en tissu rempli de pierres de toutes les couleurs, très jolies. Un vrai trésor pour moi !

Ce devait être elle sur cette photo, marquée au dos Oxana et datée de 1920. Elle était née avec le siècle. Une belle brunette séduisante à la peau claire, aux cheveux longs, avec un regard perçant : une très jolie fille ! Sa photo trône toujours dans ma chambre, avec sa boîte à bijoux et le sachet de pierres fines.

Ma mission :
remonter le temps !​

Adolescente, je m’étais fixée comme « mission » de comprendre d’où elle venait, son univers… Pour cela, il fallait comprendre le Russe, car Oxana avait des origines russes, plus exactement de Saint-Pétersbourg.

J’ai bien essayé de me mettre seule à cette langue, en vain. Il a fallu attendre après le bac pour m’y mettre sérieusement.

Alors que mes camarades n’avaient qu’une envie, poursuivre leurs études aux USA ou dans un pays anglo-saxon, moi j’ai postulé à l’Université de Saint-Pétersbourg et j’ai été reçue.

Après deux jours de voyage, mon autobus arrive enfin devant la gare de Vitebsk à Saint-Pétersbourg, terminus de mon voyage. Je me dirige vers la station de métro Pushkinkaya. Ma logeuse m’avait dit de prendre la ligne 1 rouge et descendre à la station Mayakovskaya, elle habite quasiment juste en face sur la célèbre Avenue Nevsky.

L'église du Sauveur sur le sang à st. Pétersbourg
Oxana Petrovna, c'est moi

Appelle-moi, Oxana !

Le voyage en métro se fait sans encombre. Arrivée à la station Mayakovskaya, j’ai l’impression d’arriver dans un palais secret : sol en marbre de couleur, colonnes, plafond voûté avec des coupoles, c’est fabuleux !

Je gagne la sortie et arrive sur l’Avenue Nevski, à l’adresse indiquée, devant un grand bâtiment de type Haussmannien.

Une femme d’un certain âge, très élégante, m’ouvre : « Vous êtes bien Mme Petrovna, je suis Marie, l’étudiante française pour la chambre ». Elle m’invite à rentrer et à la suivre. Me demande si j’ai fait bon voyage, pas trop fatiguée et si j’ai trouvé facilement…

Mon hôte me fait visiter rapidement son vaste appartement bourgeois, on dirait un musée. Nous parlons de tout et de n’importe quoi. Elle me félicite pour la qualité de mon russe, je la complimente sur son appartement qui est extraordinaire. Je vais bien me plaire ici.

Ma chambre est à l’étage, spacieuse, confortable et aménagée avec goût : une vraie chambre d’amis avec des bibelots, des photos et objets anciens. Avant de me quitter, elle me lance : « Le petit déjeuner est à partir de 7 heures en bas dans la salle de repas, si cela te va ! »

– C’est parfait, Mme Petrovna.

– Entre nous Marie, on se tutoie et appelle-moi Oxana, et la porte se referme dernière elle.

Oxana – Incroyable ! Comme ma grand-mère qui est à l’origine de ce voyage, elle s’appelle Oxana ! Il y a des coïncidences assez troublantes et je n’étais pas au bout de mes surprises.

Un séjour agréable et enrichissant​

J’ai passé plusieurs mois chez Mme Petrovna, pardon Oxana. J’ai découvert une femme charmante, curieuse et cultivée, qui parlait même un peu le français.

Elle m’a fait découvrir sa ville, qu’elle connaissait dans les moindres détails, avec des anecdotes incroyables sur son histoire, les personnages célèbres, l’origine des bâtiments. Sa famille, des notables, habitaient Saint-Pétersbourg depuis au moins trois générations. En réfléchissant, ses ancêtres ont peut-être croisé mes arrières grands-parents à la fin du XIXème siècle.

Nous avons visité ensemble les monuments incontournables de sa ville, elle en savait plus que les guides à touristes : l’Ermitage, l’église Saint-Sauveur, la cathédrale Saint-Isaac, le théâtre Mariinsky, etc… magnifique ! Et bien sûr, on a fait les boutiques de la Grande Avenue Nevsky et les restaurants très prisés du centre historique.

Bijoux Saint Petersbourg

Le secret des pierres​

En plus de l’histoire de sa ville, Oxana avait deux autres passions qui me rappelaient étrangement ma grand-mère. Comme elle, elle collectionnait les pierres fines et les bijoux empierrés.

Apparemment, la légende des bijoux de la princesse Anastasia, y était pour beaucoup. Deux grandes vitrines trônaient dans le salon, exclusivement dédiées à sa fantastique collection de minéraux et de bijoux empierrés, de toutes les couleurs, de toutes les matières… c’était féérique.

Comment ne pas être fascinée, Oxana connaissait le nom de chaque pierre, son origine et ses caractéristiques spécifiques, leurs vertus, elle était intarissable… Pour elle, chaque pierre détenait d’étonnants pouvoirs. Pour une non initiée, son discours était assez étrange.

La légende des bijoux d’Anastasia !

Anastasia Romanova n’est autre que la fille cadette de l’impératrice Alexandra et du Tsar Nicolas II.

Le 17 juillet 1918, les membres de la dernière famille impériale de Russie disparaissaient, fusillés.

La légende raconte que Anastasia aurait été sauvée par ses bijoux empierrés qui auraient arrêté les balles.

Retour vers le futur !

De mon séjour à Saint-Pétersbourg, j’ai gardé de merveilleux souvenirs, la tête pleine d’images et d’anecdotes.

Sans le savoir, c’est toi, ma chère Oxana, qui a fait revivre cette grand-mère « légendaire » qui portait le même prénom que toi et semblait partager les mêmes goûts.

Avant mon départ, tu m’as offert un superbe coffret en bois avec quelques bijoux et surtout une multitude de pierres que tu as choisies avec soin. Un vrai trésor pour moi !

Et c’est ainsi, que j’ai commencé à constituer ma propre collection de minéraux et de bijoux empierrés qui s’est enrichie au fil des années.

Aujourd’hui, je suis passée à autre chose, l’envie de transmettre à mon tour cette passion pour les pierres fines et bijoux empierrés : des bijoux simples, sources de plaisirs et d’émotions.

Aussi, il m’a semblé évident de te dédier ce site à toi, Oxana Petrovna.

Park de Peterhof